Jeudi 21 décembre 2006
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Poser cette question, qu'il s'agisse de la vie politique, du travail ou de l'organisation de la famille, c'est d'abord prendre en compte les freins venant de la culture, quelles que soient les normes déployées, par la loi notamment, dans la perspective de lutter efficacement contre les discriminations, quels que puissent être les éléments de droit destinés à caractériser l'égalité, leur efficacité sera réduite tant que l'attitude des hommes bien sûr mais aussi des femmes, de certaines femmes, continuera à être dictée par l'admission, consciente ou non, d'une hiérarchie entre les sexes et par la certitude de taches exclusivement féminines.
La reconnaissance de l'égalité dans la sphère professionnelle ne sera qu'un leurre tant que, dans la vie familiale, ce qui se rapporte aux tâches domestiques et à l'éducation des enfants restera, du fait, du domaine exclusif de la femme. S'épanouir, assumer des responsabilités plus grandes, se former dans la perspective d'une meilleure employabilité ne peuvent se satisfaire d'entraves nées de la vie de la famille, ou, à tout le moins, d'un niveau d'entrave « élevé » qui pourrait être régulièrement réduit si les taches et les responsabilités qu'impose la vie de famille, de couple, étaient réparties.
Sous les effets de la Convention Européenne des droits de l'homme, le respect de la vie personnelle dans la sphère professionnelle prend peu à peu valeur de liberté fondamentale du citoyen. Grace aux principes dégagés lors du sommet de Lisbonne, l'Union Européenne fait triompher, en tous cas émergé la fléxicurité dont une des manifestations essentielles est léexigence de conciliation parfaite et permanente entre vie personnelle ou privée et vie professionnelle. Le libre choix en matière de conditions de travail et de durée du travail en est l'une des expressions. Nul doute que, grâce notamment aux mutations du travail induites des techniques de l'information et de la communication, la citoyenneté du travailleur - quel que soit son statut - va s'affirmer chaque jour davantage.
Pour que ces principes puissent réellement et pleinement se décliner par des règles irriguant la vie professionnelle, le monde de l'entreprise en particulier, il faut que soient mis à nu les mécanismes culturels concrétisant des freins à la conciliation entre vies professionnelle et privée. Et que soient de ce fait conçus les instruments permettant d'y parvenir. Cela passe à l'évidence par un partage effectif des missions domestiques entre les deux membres du couple. On n'y parviendra qu'en bâtissant des instruments d'analyse et en déployant, par le recours à l'intervention despécialistes, les moyens d'une prise de conscience par les hommes et les femmes de la nécessité de changer les méthodes. Mails il faut aussi élever le libre choix en matière de temps de travail, de conditions de travail, de déroulement de carrière au rang de liberté publique. Le caractère d'ordre public d'un tel droit du « citoyen travailleur » est nécessaire pour que soient réduits les obstacles à l'individualisation des rapports de travail, obstacles provenant bien plus d'une certaine manière de concevoir l'autorité que d'une exigence d'efficacité managériale.
Des accords collectifs sont susceptibles de résoudre de telles questions, mais des accords d'un nouveau type car ils doivent rassemble, outre les employeurs et les syndicats, d'autres acteurs, tels ceux ayant en charge des transports, des crèches, les assistantes familiales, etc?.
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